Qu'est-ce que la reprise en sous-œuvre ?

La reprise en sous-œuvre (RSO) désigne l'ensemble des techniques permettant de conforter, d'approfondir ou de renforcer les fondations d'un bâtiment existant. Elle est nécessaire lorsque les fondations d'origine sont insuffisantes pour reprendre les charges actuelles, ou lorsque le sol sous-jacent a perdu sa capacité portante.

C'est une intervention de génie civil à haute valeur ajoutée, qui requiert des études géotechniques préalables et des bureaux de contrôle agréés.

Quand faut-il envisager une reprise en sous-œuvre ?

  • Fissures en escalier dans les maçonneries, fissures verticales en façade
  • Tassements différentiels : planchers qui s'inclinent, portes et fenêtres qui ne ferment plus
  • Projet d'élévation ou de surélévation du bâtiment
  • Création d'un sous-sol ou agrandissement en excavation
  • Travaux à proximité (chantier voisin en fouille profonde)
  • Terrain argileux soumis à la sécheresse (retrait-gonflement d'argiles)

Les principales méthodes de reprise en sous-œuvre

1. Les micropieux

C'est la technique la plus polyvalente pour les chantiers en site contraint. Des micropieux de faible diamètre (100 à 200 mm) sont forés et injectés à travers les fondations existantes jusqu'à un horizon portant. Ils reprennent les charges verticales sans vibrations ni perturbations pour le voisinage.

Avantages : travail possible en sous-sol, passage dans les vides sanitaires, absence de vibrations.

2. La sous-fondation par passes alternées

Méthode traditionnelle sur les bâtiments anciens : on réalise des passes d'excavation sous les fondations en alternant les zones de travail pour ne jamais déstabiliser l'ouvrage. On coule ensuite du béton dans chaque passe pour former une nouvelle semelle plus profonde.

Avantages : économique sur les petits linéaires. Inconvénients : lent, perturbant pour les occupants.

3. La consolidation par injection

Pour les fondations sur sol pulvérulent ou karste, on peut consolider le terrain en place par injection de coulis cimentaires ou de résines expansives. Le sol est ainsi densifié sans excavation.

4. Les pieux forés ou tubés

Pour les charges lourdes (immeubles collectifs, ouvrages industriels), on réalise des pieux de grand diamètre (400 à 1500 mm) permettant de reprendre des efforts de plusieurs centaines de tonnes par pieu.

Déroulement d'un chantier de reprise en sous-œuvre

  1. Étude géotechnique (mission G5 au minimum) avec sondages
  2. Conception par bureau d'études structure
  3. Mission de contrôle (obligatoire pour les travaux confortatifs)
  4. Exécution par phases avec suivi topographique permanent
  5. Essais de réception (essais de chargement sur pieux)

Coût d'une reprise en sous-œuvre

Les tarifs dépendent de la technique, du nombre de points d'appui et de l'accès au chantier :

  • Reprise par micropieux (pavillon individuel) : 25 000 – 60 000 €
  • Reprise par passes alternées (maison ancienne) : 15 000 – 40 000 €
  • Reprise immeuble collectif : sur étude, dès 100 000 €

Ces opérations bénéficient souvent de financements assurantiels (sinistre sécheresse pris en charge par l'assurance habitation sous conditions CAT-NAT).

Fondations fragilisées ?

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